« La Garçonnière » de Billy Wilder adaptée au Théâtre de Paris

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    La Garçonnière Billy Wilder film

    Les tours de Manhattan se profilent en ombres chinoises sur la musique de Leonard Bernstein: José Paul joue à fond la nostalgie des fifties pour son adaptation du film « La Garçonnière » de Billy Wilder au Théâtre de Paris.

    Le film de 1960 aux cinq Oscars (« The Appartment ») avec Jack Lemmon et Shirley McLaine n’avait curieusement jamais été adapté à la scène. Ce premier essai est un succès, salué de cinq nominations aux Molières qui distingueront les meilleures pièces de l’année le 29 mai prochain, juste derrière « Edmond » d’Alexis Michalik.

    L’intrigue, un vaudeville mélancolique, garde toute sa saveur dans un décor à double niveau qui fait la part belle à la magie de New York, tandis que l’action se déroule en contrebas. La comédie douce-amère dégage un délicieux parfum « vintage »: on est à une époque où un homme marié le reste en toute hypocrisie et trompe allègrement sa femme avec sa secrétaire, invariablement moulée dans une jupe aguichante.

    L’Amérique à Paris

    La mise en scène se joue des clichés de l’époque, avec ses cadres d’assurance machos, leurs dactylos manucurées et leurs gros téléphones noirs sur les bureaux. Guillaume de Tonquedec s’impose en employé un peu lâche qui prête son appartement en échange d’une promotion. L’homme falot, dont la gentillesse confine au comique finit par se révolter par amour pour la liftière (Claire Keim) convoitée par son patron (Jean-Pierre Lorit).

    On se délecte de ce tableau de l’american way of life de l’époque, avec son culte de l’ascension sociale et sa vie de bureau étriquée, sous la férule d’un patron érigé en « Dieu » tout puissant.

    IB avec Relaxnews/AFP